«Scandalisme»

Publié le par Zainabi

Au Maroc, les scandales ne manquent pas. Il y en a de tous les genres : des scandales financiers, d’autres juridiques, d’autres encore politiques… Chaque jour, ils occupent de larges espaces sur les colonnes des journaux et sont partout au centre des discussions. Le «bouche à oreille» les fait rapidement voyager d’un bout à l’autre du pays. Les fonctionnaires, les clients des cafés  comme les ménagères, en raffolent. Ils préfèrent consommer du scandale frais, comme s’il s’agissait d’un fruit. De surcroît, en servant ou en consommant son scandale du jour, chacun y va de son analyse, de ses réflexions, de ses petits rajouts, de son jugement, de ses condamnations. Ce «scandalisme» devient au Maroc un phénomène de société.

Est-ce là une bonne ou une mauvaise manière pour une société comme la nôtre de s’attaquer à ses scandales? Ne serait-il pas plus opportun d’agir face aux scandales plutôt que d’en créer des contes et des légendes? Nous laisserons le soin aux sociologues et autres spécialistes de répondre à ces questions.

Ce qui est dramatique, c’est quand le «scandalisme» provoque la boulimie chez certains. Lesquels commencent à voir des scandales partout. Actuellement, vu la brûlante actualité nationale qui est marquée par le scandale de l’association de bienfaisance d’Aïn Chok, c’est au monde associatif qu’ils s’attaquent. Certains le font à raison. Ils dévorent voracement des faits avérés. D’autres, en revanche, le font à tort et à travers. Ces derniers mettent au banc des accusés, des acteurs sociaux connus et reconnus pour leurs bonnes œuvres, pour leur dévouement, pour leur intégrité morale et pour leur détermination en faveur de l’action associative. C’est d’autant plus grave que certains boulimiques en mal d’inspiration s’attaquent à une association comme AMESIP (Association Marocaine d'Aide aux Enfants en Situation Précaire). Laquelle est reconnue d'utilité publique depuis 1998 et est donnée en exemple à l’échelle internationale.

En somme, la boulimie «scandaliste» de certains devient elle-même un scandale. Elle doit être soignée d’urgence.

Publié dans Actu Sociale

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Zainabi 15/05/2005 13:18

Merci pour votre commentaire qui, je l'espère, devra permettre de lancer un débat enrichissant...

Blognautes, à vous !

A. AALOUI 15/05/2005 13:13

En tant que qu'activiste de la société civile (de 1980 à 198 à Casablanca, puis à Chefchaouen depuis 1995), je crois avoir un mot à dire sur le contenu de votre article.
Primo, je pense que les associations et les acteurs de développement socio-économique ne doivent être au dessus de toute critique. Cependant, il faudrait bien distinguer entre critique positive émanant des faits et des informations sûres (le cas de la Bienfaisance d'Ain Chok, comme cela a été rapporté par les médias)et des manoeuvres médiatiques semblant nous faire savoir que toutes les associations et acteurs opérant dans le domaine de développement social sont les mêmes et donc des escrocs.
Inutile de rappeler que les associations marocaines, notamment celles fondées et gérées par les mélitants défenseurs de la cause sociale, ne ménagent aucun effort pour apporter aide et assistance à des couches sociales marginalisées dans les politiques gouvernementales depuis l'adoption de la fameuse restructuration de l'économie nationale imposée par la Banque Mondiale. Ces aspectts positifsont été soulevés dans votre article.
En outre, il y a lieu de parler des associations créees par des personnalités influentes et/ou sous orientations des instances exerçant ou ayant du pouvoir. Ces associations jouissant de tous les privilèges de tout genre (détachement de fonctionnaires de l'état, moyens financiers énormes, utilité publique dès la constitution...)sans toutefois demander à ces associations de rendre compte ou de montrer de doigt leurs interventions, l'efficacité de leurs programmes,leurs façons de gérer les moyens financiers...).
Certes de temps en temps, on défile les gérants de ces associations au petit écran pour tenir un message plutôt langue de bois, et dont le but est généralement de marquer des points d'imposture médiatique.
D'autres associations, elles sont nombreuses, travaillant avec leurs propres moyens, ont démontré par leurs expériences et leurs programmes concrêts qu'elles sont des acteurs incountournables pour tout développement humain socioéconomique durable.
Ces associations, nationales, régionales, provinciales, locales et villageoises sont à l'oeuvre et développent leurs actions en faveur et avec des couches sociales démunies tout en ne se fixant comme objectif noble que 'servir son pays'.
En effet, celles-ci ne sont pas, et ne doivent l'être, au dessus de toute interrogation. Elles ont leurs carences gestionnaires,budgétaires et communicatives.
Je pense qu'elles ont droit à être encouragées financièrement et techniquement par l'Etat et par les médias et non à mettre l'ensemble dans le même panier.
La presse, notamment écrite, devrait s'intéresser danvantage en mettant en exrgue leurs points forts et leurs points faibles. Pour ce faire, les journalistes concernés sont sollicités à se déplacer sur le terrain pour s'enquérir sur place des réalisations rendues concrêtes en faveur des bénéficiaires.
Il ya lieu de souligner une nouvelle fois qu'il n'y aura de transparence (c'est une conduite qui se construit dans un procéssus et non seulement un concept académique)que si la presse écrite se mêle de prêt à l'action tout en adoptant la vraie proximité.
C'est à la presse de jouer son rôle capital pour mettre à nus les escroqueries (et non pas en faire un scandale)éventuelles et à valoriser les acteurs sociaux le méritant.
Amicalment.

lea 15/05/2005 11:44

Merci pour cet excellent blog !