Jeudi 18 août 2005

 

La presse continue à s'intéresser à la crise aigue et chronique dont pâtit l'UGTM. Ci-dessous repris un article de Moroccotimes. Vous trouverez d'autres articles en arabe sur : www.zainabi.tk

-------------------------------------------------------------------------------- Trade unions Istiqlal intervenes in UGTM crisis By Houda Filali-Ansary 8/11/2005 | 3:27 pm GMT The internal conflict opposing UGTM's rising stars to its old leader ended up forcing the Istiqlal party to step into the fight. Abbas El Fassi's party will manage the trade union until a new Secretary General is named in September. Abderrazak Afilal. Ph: Archives. The conflict within the General Union of Moroccan Workers (UGTM) had been brewing for years, between its old Secretary General, appointed in the 1960s by Allal El Fassi himself and his potential, younger successors. It finally broke out when, on Aug. 5, 70-year-old Abderrazak Afilal decided to expel four out of the 14 members of the trade union's elected executive committee, with the support of his allies, among them his wife and his son. The following day, the four expelled members, which included Afilal's potential successors, Mohamed Larbi Kabbaj and Hamid Chabat, hit back with another communiqué. Basing themselves on the trade union's statutes, they stripped him of his authority, declaring him incapable of managing the trade union. They added that UGTM could not be held responsible for his declarations since he no longer represented them. “[...] Abderrazak Afilal disobeyed all internal union regulations by trying to remove from the UGTM's executive committee members elected in the latest organisation congress in 1998. He attempted to replace them with people that had nothing to do with the supporters and the structure of the union body,” they explained in a communiqué issued following the meeting. They also accused Afilal of managing the trade union's funds “as if they were his own money.” “I challenge him to sue me over my declarations,” said Mohamed Larbi Kabbaj, who became the national UGTM coordinator and spokesperson following the decision. “That would be a nice opportunity [to reveal] abuses he has made in the management of the trade union,” explained Kabbaj to Morocco Times. Going beyond the mutual accusations of severing the links with grass root militants and thus causing the downfall of the trade union, one cannot help but notice that Abderrazak Afilal has already announced he was planning to retire at the next national UGTM congress, scheduled to take place in September this year. So why all this fuss in the first place? The war could have been triggered by what the executive committee - many of whom have been in the trade union for more than 30 years - saw as an attempt to transmit his post to his son, Rachid Afilal after controlling the trade union for more than 40 years. The fact that Afilal was originally named as the head of the trade union by the Istiqlal (IP) party and that he is both a member of its political bureau and one of its representatives at the House of Parliament, along with his wife, Hajja Mahjouba Zoubaïri, could only lead IP to intervene in the conflict. As the situation got worse, several meetings were held between the UGTM trade union and the heads of the Istiqlal party. However, instead of cooling tempers, the Istiqlal move seems to be leading it toward a potential scandal, especially as several clashes had already opposed Afilal to the Istiqlal leader, Allal El Fassi. In an interview with the Moroccan French language daily, Aujourd'hui le Maroc, Afilal accused Abbas El Fassi of “trying to control everything,” including the UGTM. He also accused him of deviating the party from the original policy imposed by his predecessor, Allal El Fassi and even of “getting money from Chabat…” Afilal's reference to Allal El Fassi was anything but a coincidence. The original Istiqlal leader was the one who enabled him to succeed to M'hammed Douiri, at the head of the UGTM trade union, two years after its creation. Created in 1962 by the Istiqlal party, the UGTM was originally established to compete with the Moroccan Workers' Union (UMT), headed by Mahjoub Benseddik, and which is now Morocco's main trade union. UGTM later became one of its main competitors, and now includes 4 seats at the Council of Advisers. However surprising this might seem, Afilal's long stay at the head of the UGTM and his resistance to the younger generation is anything but exceptional. Most Moroccan parties and syndicates kept the same leaders, either until their death, or until their competitors decided to create their own parties. The coming 2007 legislative elections could lead to similar shake ups in Morocco's more than 30 parties, but will they ever lead their internal distribution of power to become democratic? ----------------------------------

Source: http://www.moroccotimes.com/paper/article.asp?idr=2&id=8825

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Jeudi 30 juin 2005

Espace Associatif / Espace Associatif / Espace Associatif  / Espace Associatif  /  Espace Associatif   

Organise une table ronde sur le thème

Les associations et la participation des jeunes

Le vendredi 8 juillet 05

(À 18.30 dans les locaux de l’Espace Associatif)

Animation

   Hassan Tariq, Mokhtar Benabdelaoui, Nadira Barkallil

Table ronde/ Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde 

Programme 

     18h.30 :   Acceuil des participants(es)

     19h.00 :   La place des jeunes dans les politiques publiques   (Hassan Tariq)

     19h 20 :  les jeunes et la participation à la vie publique    (Mokhtar Bena)

     19h.40 : : L a place des jeunes dans les associations               (Nadira Barkallil)

     20h.00 :   Débat général

     20h.45 :   Fin des travaux

par Zainabi publié dans : Actu Sociale
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Jeudi 30 juin 2005

cmtDans une déclaration de la CISL et de la Confédération mondiale du travail, présentée lors des auditions des Nations unies avec des représentants de la société civile et du secteur public (New York - 23 et 24 juin 2005), les organisations syndicales internationales demandent instamment que l'ONU place le travail décent au centre des efforts qu'elle déploie pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.



Ces deux journées d'auditions seront l'occasion pour les organisations de la société civile d'exprimer leurs inquiétudes quant au rapport de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, publié cette année et intitulé "Dans une liberté plus grande". Elles pourront également formuler des recommandations pour le Sommet des Nations unies sur les suites données à la Déclaration du Millénaire, prévu en septembre 2005.

"Le combat contre la pauvreté a toujours été la pierre angulaire du programme de travail du mouvement syndical. Le mouvement syndical international n'est pas disposé à accepter la pauvreté comme un fait inévitable; il est un fervent défenseur de l'Action mondiale contre la pauvreté (GCAP) et il soutient l'objectif de parvenir à un monde libéré de la pauvreté, de la faim, des pandémies, des conflits et des guerres", a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CISL. "En tant que partie intégrante de leur programme contre la pauvreté, les Nations unies doivent apporter toute l'attention nécessaire à la création de perspectives pour le travail décent, y compris les droits syndicaux, indispensables pour qu'aboutissent un jour les initiatives contre

la pauvreté. Dans

le cas contraire, on court le risque de ne jamais voir se réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui resteront à jamais des objectifs. Cela implique d'ajouter le travail décent comme neuvième objectif du millénaire pour le développement et d'intégrer le thème du travail décent aux autres OMD".


Le Secrétaire général de la Confédération mondiale du travail (CMT), Willy Thys, a pour sa part déclaré que "de nos jours, tout le monde parle d'une mondialisation juste. Pour y parvenir, il faut une distribution équitable des revenus, un thème que l'on retrouve au cœur des préoccupations syndicales. On retrouve de tels mécanismes dans le programme pour le travail décent dans la mesure où il dépasse la croissance économique, il s'attache à la croissance qui génère des emplois décents et à la création de ressources pour les pauvres grâce à une protection sociale accrue et de meilleure qualité ainsi qu'à la promotion des droits humains et syndicaux".

Le mouvement syndical international a souligné qu'il soutient de nombreux autres points repris dans le rapport de Kofi Annan, comme la proposition d'établir trois Conseils des Nations unies en tant qu'organes principaux de l'organisation internationale : un Conseil économique et social (ECOSOC) et un Conseil de sécurité renforcés ainsi qu'un nouveau Conseil des droits de l'homme. Les organisations syndicales internationales approuvent la proposition de créer ce Conseil des droits de l'homme qui agirait en tant qu'organe permanent destiné à réagir en cas de crise des droits humains. Elles se montrent également favorables à ce que l'ECOSOC de l'ONU dispose d'une plus grande autorité pour aborder des questions économiques et sociales avec la Banque mondiale, le Fonds monétaire internationale et l'Organisation mondiale du commerce aux niveaux intergouvernemental et politique.

"Ces auditions offrent la possibilité d'agir de façon résolue en faveur des Objectifs du Millénaire pour le développement", ont conclu Guy Ryder et Willy Thys. "Le Sommet sur les suites données à la Déclaration du Millénaire est un moment particulièrement important pour agir et devrait être l'occasion de faire connaître la réforme radicale de l'ONU. Enfin, les décisions prises à New York seront lourdes de conséquences pour les générations à venir et peuvent faire en sorte que 2005 marque une véritable avancée en matière de lutte contre la pauvreté".
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Samedi 14 mai 2005

Au Maroc, les scandales ne manquent pas. Il y en a de tous les genres : des scandales financiers, d’autres juridiques, d’autres encore politiques… Chaque jour, ils occupent de larges espaces sur les colonnes des journaux et sont partout au centre des discussions. Le «bouche à oreille» les fait rapidement voyager d’un bout à l’autre du pays. Les fonctionnaires, les clients des cafés  comme les ménagères, en raffolent. Ils préfèrent consommer du scandale frais, comme s’il s’agissait d’un fruit. De surcroît, en servant ou en consommant son scandale du jour, chacun y va de son analyse, de ses réflexions, de ses petits rajouts, de son jugement, de ses condamnations. Ce «scandalisme» devient au Maroc un phénomène de société.

Est-ce là une bonne ou une mauvaise manière pour une société comme la nôtre de s’attaquer à ses scandales? Ne serait-il pas plus opportun d’agir face aux scandales plutôt que d’en créer des contes et des légendes? Nous laisserons le soin aux sociologues et autres spécialistes de répondre à ces questions.

Ce qui est dramatique, c’est quand le «scandalisme» provoque la boulimie chez certains. Lesquels commencent à voir des scandales partout. Actuellement, vu la brûlante actualité nationale qui est marquée par le scandale de l’association de bienfaisance d’Aïn Chok, c’est au monde associatif qu’ils s’attaquent. Certains le font à raison. Ils dévorent voracement des faits avérés. D’autres, en revanche, le font à tort et à travers. Ces derniers mettent au banc des accusés, des acteurs sociaux connus et reconnus pour leurs bonnes œuvres, pour leur dévouement, pour leur intégrité morale et pour leur détermination en faveur de l’action associative. C’est d’autant plus grave que certains boulimiques en mal d’inspiration s’attaquent à une association comme AMESIP (Association Marocaine d'Aide aux Enfants en Situation Précaire). Laquelle est reconnue d'utilité publique depuis 1998 et est donnée en exemple à l’échelle internationale.

En somme, la boulimie «scandaliste» de certains devient elle-même un scandale. Elle doit être soignée d’urgence.

par Zainabi publié dans : Actu Sociale
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Jeudi 5 mai 2005

S’il ne tenait qu’à l’auteur de ces lignes, après avoir plaidé pour une retraite anticipée aux enfants travailleurs, il réclamerait volontiers une retraite immédiate à l’ensemble des secrétaires généraux actuels des syndicats les plus représentatifs en l’occurrence l’UMT, l’UGTM, la CDT, la FDT et l’UNTM. Ces «zaïm» doivent passer la main à leur relève pour qu’ait lieu le renouveau tant attendu dans le monde syndical. D’ailleurs, ils auraient dû le faire spontanément, sans que besoin n’ait de le leur réclamer. Mais, ils sont malheureusement parmi ces grandes gens qui ne savent pas s’arrêter au bon moment, ce qui ne fait que les rapetisser. A un certain temps, ils ont duré et perduré sous prétexte qu’il n’y avait pas de relève apte à prendre en main la destinée syndicale. Pourtant, cette relève syndicale existe, elle s’est imposée et commence partout à élever la voix pour demander des réformes internes. Maintenant, il devient urgent que ces réformes aient lieu, tant les syndicats au Maroc vont mal. La preuve par les chiffres: un rapport du Département Américain mis à jour le 15 septembre 2004 révèle que 6% seulement des 10 millions de travailleurs au Maroc sont syndiqués (avec une majorité de fonctionnaires) même si le pays dispose, précise le document, de 19 syndicats nationaux et cinq confédérations principales (UMT, CDT, UGTM, UNTM, FDT). De surcroît, à cause du traditionalisme imposé en système au sein des syndicats, l’image de ces organisations se trouve considérablement ternie.

Des raisons objectives expliquent cette situation. Au lieu d’investir dans la modernisation de leurs structures et de leur mode de gestion en utilisant à bon escient les fonds récoltés directement auprès de leurs membres et auprès de l’Etat; les directions syndicales au Maroc se sont cantonnées dans un esprit privilégiant le clanisme, l’opacité, l’autocratie, le misérabilisme, voire la surenchère. Eux qui ne cessent de réclamer à hue à dia des réformes institutionnelles, n’ont jamais songé à donner l’exemple en menant leur propre réforme interne. Pis, les militants qui osent évoquer ces questions sont souvent pris pour des indisciplinés qui ne sont bons qu’à jeter sans ménagement à la porte. Rivés à leur siège, les chefs syndicaux ne leur pardonnent jamais la moindre «incartade» de ce genre. C’est ainsi que se meurt le syndicalisme au Maroc…en silence. Mais, l’Histoire retiendra que ce silence ambiant a été brisé au 1er mai de cette année par des militantes et des militants qui ont présenté une vision nouvelle de l’action syndicale. Ces militantes et militants ont construit ainsi les fondements d’une nouvelle ère syndicale qui commencera au Maroc… très bientôt.

par Zainabi publié dans : Actu Sociale
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Vendredi 29 avril 2005

Objection :

Retraite anticipée aux enfants travailleurs

Une opération de départ volontaire repensée, mais d’égale envergure que celle prévue pour les fonctionnaires dans le cadre d’«Intilaka», devra être destinée aux milliers de mômes qui travaillent au Maroc pour tenter de les sauver d’une déchéance sociale programmée. Cette opération devra naturellement permettre de ramener ces enfants sur les bancs des écoles qu’ils  n’ont jamais fréquentées ou trop tôt abandonnées. Parce que c’est grave que de laisser cette armée d’enfants livrés à eux-mêmes dans un univers d’adultes qui n’est pas le leur. C’est grave que de laisser les esclavagistes des temps modernes assassiner leur enfance en les exploitant en toute impunité. C’est grave que ce phénomène n’émeuve que quand le cas de l’un ou l’autre petit travailleur ou l’une ou l’autre petite bonne est évoqué par les médias dans la rubrique des faits divers.

Certes, le Maroc peut s’enorgueillir d’avoir mis à niveau sa législature en criminalisant l’emploi des petits travailleurs. Il peut également se défendre en avançant que son arsenal juridique sera bientôt renforcé par une loi devant protéger les petites bonnes. Mais, toutes ces avancées législatives certaines permettent-elles d’atténuer, sur le terrain, l’ampleur qu’a prise le phénomène du travail des enfants dans le pays? Visiblement, non. La cause est connue: les lois semblent être faites au Maroc pour ne jamais être appliquées. 

Des chiffres officiels révélés en 2001 estimaient à 600.000 le nombre d’enfants travailleurs au Maroc. Ce nombre a-t-il baissé grâce aux lois adoptées? Pour effectuer une évaluation sommaire, il suffirait d’ouvrir les yeux autour de soi pour remarquer qu’ils sont encore nombreux les enfants qui se démènent comme des diables pour réparer des pneus, pour garder un troupeau, pour laver des parterres, pour lisser des meubles en bois, pour coller les semelles, pour tisser des tapis, pour coudre des djellabas, pour vendre des sachets en plastique ou pour servir des clients dans des cafés…

Devant cette situation, le programme IPEC/Maroc tente de donner l’exemple en matière de lutte contre le travail des enfants à travers des actions pilotes. Seulement, l’existence de ce programme ne décharge en rien l’Etat marocain de sa responsabilité concernant ce fléau. Il reste à espérer que les départements concernés qui se réunissent les 26 et 27 avril à Rabat avec des ONG, des syndicats et des organisations internationales (IPEC et UNICEF notamment) dans le cadre d’un séminaire placé sous le thème «Pour une meilleure intégration de la lutte contre le travail des enfants dans le Développement Social», donneront à l’occasion le véritable coup d’envoi d’une lutte acharnée contre le travail des enfants en prévoyant les moyens humains, matériels et d’accompagnement nécessaires pour ce faire.

Paru lundi sur les colonnes de l'Opinion

 

par Zainabi publié dans : Actu Sociale
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Jeudi 14 avril 2005

A Casablanca, il fut un temps où les mendiants ne couraient pas massivement les rues. En ces temps-là, ceux qui osaient «chanter» pathétiquement leurs doléances, étaient visiblement miséreux. Leurs habits, leur handicap, leur mine de mort-vivant ou encore leur litanie servait à donner des preuves tangibles pour gagner la compassion des âmes charitables. En ces temps-là, la dignité avait encore un sens et parmi les mendiants, rares étaient ceux qui exerçaient ce non-métier par fourberie ou pour le plaisir. Mendier n’était pas encore devenue une mode, voire un sport national, comme elle l’est de nos jours.

 

Mendiants nouvelle génération

Nombreux sont les jeunes qui sont chaudement et chiquement habillés qui tendent la main surtout à des jeunes de leur âge. Ces mendiants new look ne manquent pas de prétextes pour convaincre les bienfaiteurs potentiels. Certains prétendent qu’ils veulent tout juste avoir de quoi se payer un ticket de bus. D’autres, avec un air tristounet, déclarent vouloir manger un morceau arguant qu’ils ont un problème familial. D’autres encore, plus directs et plus prolixes, avancent sans la moindre gêne qu’ils veulent tout simplement (par ces temps difficiles…) se payer une cigarette ou une tasse de café. Rien que ça!

 

Autres méthodes, autres nouveaux mendiants

Dans la catégorie de cette novelle génération de mendiants se trouvent également tous ces jeunes et moins jeunes (hommes et femmes) que l’on rencontre parfois, près des gares routières ou ferroviaires. Ceux-ci se disent éternellement «mkataà bihoum lahbel» (sans ressources dans une ville qui n’est pas la leur). A les voir portant la plupart du temps des bagages à main, on les croirait facilement sur paroles. Seulement, ils (elles) oublient de changer de lieux et c’est ainsi qu’ils (elles) se prennent à leur propre jeu. Dans la même catégorie, il y a également ces femmes visiblement «respectables» qui commencent aussi à tendre la main. Pour exercer ce faux boulot, ces dames savent si bien manier le verbe et soigner leur apparence. Elles racontent à des badauds triés sur le volet qu’elles ont été abandonnées par un mari ingrat et qu’elles préfèrent tendre la main que vendre leur corps… Certaines peuvent dire vrai, mais pas toutes, sans doute.

 

Que faire ?

L’Etat s’est engagé à lutter contre la mendicité à Casablanca. C’est tant mieux. Dans cette perspective, un programme a été lancé. Première mesure prise : la chasse aux mendiants qui exploitent leurs propres enfants ou louent des enfants dans l’exercice de leur «fonction». La chasse donne déjà lieu à une partie de cache-cache qui ne va ni sauver les enfants exploités ni éradiquer la mendicité à Casablanca ou ailleurs. A ce propos, on peut bien se demander ce qui empêcherait les exploitants chassés sans que leur soient proposées des alternatives viables, de jeter leurs petits esclaves dans des circuits encore plus dangereux (prostitution, drogue…).  Au demeurant,  en sus des parties de chasse, le programme évoque le «développement humain durable» ou encore «les activités génératrices de revenus». Voici des chantiers qu’il va falloir ouvrir à grande échelle. Ces chantiers peuvent donner lieu aux alternatives manquantes. Ne l’oublions pas, c’est surtout la chasse aux inégalités criardes et à la pauvreté extrême (matérielle et celle de l’esprit) qui doit être sérieusement lancée. Elle devait l’être d’ailleurs depuis 40 ans. Par ailleurs, contre la pauvreté de luxe il y a au moins une bonne solution: l’ancrage de valeurs sociétales sûres dans l’esprit des Marocains.

 

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Mardi 12 avril 2005

Dans un monde où les limites territoriales ne sont plus ce qu’elles étaient, l’amour que l’on éprouve pour sa patrie doit rester profond, inconditionnel. Néanmoins, cet amour qui n’est plus aussi platonique comme il l’était autrefois, a besoin non seulement d’être transmis de génération en génération, mais aussi entretenu pour être préservé. Sinon, c’est le désamour qui prend le dessus. Et quand désamour il y a, c’est ce qui peut arriver de plus grave à un pays. N’est-ce pas à cause de ce désamour qu’aujourd’hui des Marocains vont jusqu’à déclarer sans se gêner qu’il vaudrait mieux que les colonisateurs français reviennent au Maroc? Au-delà des motivations économiques évidentes, n’est-il pas vrai que c’est ce profond désamour qui pousse également la plupart des jeunes à  n’avoir qu’un espoir: se sauver de leur pays et se chercher d’autres identités?

Face à ce désamour, il serait simpliste de se borner à ruer dans les brancards en criant à l’affaiblissement du patriotisme des nouvelles générations sans en chercher les causes. Il faut savoir que de nos jours, même le patriotisme se paie. Son prix: le respect des droits des citoyens et donc de la démocratie, la vraie. Celle qui ne se limite pas au droit de remplir des urnes et de s’exprimer librement, mais qui garantit aussi et surtout le droit à une vie dans la dignité. Et la dignité voudrait qu’il y ait -entre bons patriotes- partage équitable des richesses nationales, égalité des chances, justice juste, droit à un enseignement valable, droit à des soins convenables… Dans tout cela, le Maroc est en chantier, mais à quand la fin des travaux?

Revenons au patriotisme! Puisque terre et patrie (ard et watan) ne font qu’un dans notre langue, voici un exemple que vient de donner à ce sujet une agence de l’Etat. A douar Lahna et à douar Oulad Aàrrad à la fraction de Tassoultante à Marrakech, 71 fellahs sont menacés d’expropriation par l’Agence Nationale de l’Habitat Insalubre (ANHI). Ces fellahs déclarent être propriétaires de leur terre. Ils arborent un parchemin séculaire pour le prouver. Ce document serait un dahir royal par lequel cette terre a été offerte à leurs aïeux. Mais l’ANHI ne veut rien savoir. Cette Agence voudrait faire construire des villas à la place de cette terre agricole. Quelle que soit l’issue de ce différend, on retiendra que l’Agence de l’Etat a proposé aux fellahs concernés 20 dirhams le mètre carré pour les exproprier. Est-ce à ce prix que l’on veut préserver le patriotisme dans notre pays?

 

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Jeudi 17 mars 2005

Combien de criminels au Maroc courent les rues pendant que des innocents croupissent dans des prisons? La question se pose puisque tous les rapports qui pleuvent de partout sur le Maroc, mettent la justice marocaine dans le box des accusés. A ce propos, un rapport du Département d’Etat américain rendu public le 28 février, est venu confirmer ce que ne cessaient de répéter des ONG nationales et internationales. Principales charges retenues contre cette justice: elle reste téléguidée par le pouvoir et minée par la corruption.

Certes, ces dernières années, le vaste chantier de «l’assainissement» de la justice au Maroc a été lancé. Il a même fait des victimes parmi le corps judiciaire. Mais, ce processus reste inachevé. Il a suffi d’une affaire comme celle des ouvriers des mines d’Imini (Ourzazate) pour que la réforme globale de la justice marocaine soit remise au cœur du débat au Maroc et même à l’étranger. Rappel des faits: Les mines d’Imini relevant de la Société Chérifiènne des Etudes Minières (SACEM) dont 42,99% des actions appartiennent à l’État sont entrées en novembre 2001 dans une phase de redressement pour pallier, semble-t-il, des «difficultés structurelles». Dans ce cadre, les responsables de ces mines ont tenté, en vain, de réduire les heures de travail, voire de compresser le personnel... Le désaccord sur le fond même de la crise a provoqué une confrontation directe entre des ouvriers et les décideurs. En conséquence de quoi il y eut des mouvements de protestation à répétition dont un sit-in qui s’était prolongé indéfiniment à cause notamment de l’inefficacité de l’intermédiation entreprise. Selon certains parmi les protestataires, le feu a été mis aux poudres le 15 avril 2004, lorsque les mines ont été prises d’assaut par une milice. Celle-ci aurait été poussée, sur fond de surenchère syndicale, à casser ledit sit-in par la violence. Il s’en est suivi la blessure puis la mort de l’un des assaillants connu pour ses antécédents médicaux. Et c’est ainsi qu’a éclaté le procès à travers lequel le procès de la justice marocaine est actuellement fait.
L’instruction de ce qui est désormais connu comme étant l’affaire des ouvriers des mines d’Imni a débouché sur une sentence fortement controversée: 10 ans de prison ferme pour le syndicaliste Mohamed Khouya, 10 ans à quatre ouvriers, deux mois de prison avec sursis et une amende de 1.000 dhs pour un autre ouvrier. Paradoxalement, il y aurait des témoignages sur l’évidence de l’innocence notamment de M. Khouya que la justice refuse toujours de prendre en compte. Toutes les accusations portées à l’encontre de la milice et de son ou de ses mentors ont été occultées… Résultat: la justice marocaine ne trouvera pas assez d’avocats pour se défendre contre ses détracteurs dans le monde entier qui se solidarisent spontanément avec les «victimes des mines d
’Imni.

par Mohamed Zainabi publié dans : Actu Sociale
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Lundi 17 janvier 2005

Quelque 500 000 personnes  exercent la mendicité au Maroc d'une façon permanente ou  occasionnelle selon une enquête sur la mendicité des enfants âgés  de moins de 12 ans au cours de l'année 2004 dans la wilaya de  Rabat-Salé-Skhirat-Témara, rendue publique vendredi à Rabat. 

     Cette étude, réalisée par la Ligue marocaine pour la  protection de l'Enfance en collaboration avec l'Entraide nationale et l'appui du ministère marocain de la Santé, relève que le  gouvernement dépense annuellement 37,6 millions de dirhams dans la lutte contre la mendicité et l'exclusion  sociale. 

     La propagation de la pauvreté dans une grande majorité de la  population est le principal facteur qui pousse cette catégorie à  exercer la "profession" de mendiant , rapporte le document  soulignant que cette population bénéficie d'une aide financière  qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie internationale de  lutte contre la pauvreté. 

     L'étude a été réalisée auprès de trois échantillons d'enfants. Le premier a été focalisé sur les enfants âgés de moins de 7 ans  accompagnés par une personne de plus de 18 ans (273), le second  échantillon a porté sur 230 enfants âgés de 8 à 12 ans et la  troisième catégorie a concerné 289 personnes non-mendiants. 

     Selon les résultats de l'enquête, les personnes accompagnant  les enfants âgés de moins de 7 ans sont pour la majorité des  femmes, dont la plupart est non célibataire et n'a aucun niveau  d'instruction et seul 6% ont le niveau secondaire ou plus. 

     Le tiers des enfants souffrent d'une maladie chronique à  savoir le diabète, l'hypertension, l'allergie/asthme, la  tuberculose, l'anémie, le rhumatisme et l'ulcère, note l'enquête. 

     Plus de la moitié (56%) des enfants est constituée de garçons  contre 44% des filles, indique le document, ajoutant que dans la  majorité des cas , il existe une relation familiale entre l'enfant et l'accompagnant. Cependant, quelque 15% des enquêtés ont déclaré avoir "loué" un enfant pour exercer leur activité. Le montant du  loyer est en moyenne de l'ordre de 50 à 100 DH par semaine. 

     Concernant le sentiment de la catégorie des non-mendiants  envers les mendiants, 81,3% des enquêtés ont affirmé avoir de  l'affection, 10,4% du dégoût, alors que 4,5% éprouvent de la haine. 

     Les principales raisons pour lesquelles la population donne  l'aumône sont l'obligation 46%, l'affection 38%, facultatif 12% et autres raisons 4%. 

     La pauvreté arrive en tête des facteurs qui poussent à la  mendicité suivie des problèmes sociaux causés en premier lieu par  le mari (divorce, abandon, prison ), et ceux dues à la maladie, au décès, à la maltraitance et au harcèlement sexuel et aussi aux  facteurs cultuels tels que l'habitude de mendier ou d'avoir une  famille mendiante.

par Mohamed Zainabi publié dans : Actu Sociale
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