Les rencontres par Internet : entre rêves et faux espoirs…

Publié le par Zainabi

 

   Tendance : Internet est devenu essentiel dans la vie de nombreux jeunes et moins jeunes. Il est la clé d’entrée dans un univers où tous les convives du monde entier qui s’y retrouvent peuvent facilement faire connaissance à distance, voire plus…si affinités. C’est aussi une porte grande ouverte sur bien des dangers.

Poster des annonces à travers des sites web de rencontres, dialoguer via la téléphonie offerte à travers le Net, passer des heures à chatter sont devenus des occupations principales de nombreux internautes des deux sexes et de différents âges. «Nos clients ne surfent que très rarement pour effectuer des recherches scientifiques ou pour s'informer sur certains sujets d’intérêt culturel... Mais ils naviguent à volonté sur Internet à la recherche de rencontres virtuelles avec l’âme sœur potentielle, l’ami virtuel tant espéré, le probable concubin, la maîtresse ou l’amant des nuits «hot»…», confie ce propriétaire d’un cyber avec un air un peu embarrassé. Il ajoute que des clients ne se gênent plus pour demander directement des adresses de sites de chat en arrivant au cyber. «D’autres, plus exigeants encore, réclament une webcam pour parler et voir leurs interlocuteurs et interlocutrices», note-t-il.

 En faisant discrètement le tour de quelques cybers à Casablanca, nous avons remarqué de visu que des internautes, essentiellement de jeunes filles et garçons, concentrés chacun  devant l’écran d’un P.C, les mains collées au clavier, sont surtout occupés à draguer sur le Net. Certains parmi eux qui ne sont pas seulement des ados, la bouche béante, visionnent au passage des photos pornographiques en tentant de cacher vaille que vaille l’écran. Pour faire comprendre leurs principaux centres d’intérêts dans le monde virtuel, les internautes qui ont accepté de s’exprimer (des lycéens, des employés, des secrétaires, une infirmière et un étudiant universitaire) déclarent surtout vouloir tuer le temps. Quand on leur demande le temps moyen qu’ils consacrent à ce passe-temps indéniablement favori, certains avancent une moyenne d’une heure par jours au moins. D’autres, les plus accros, affirment passer parfois une bonne partie de la journée et même de la nuit dans un cyber. Ils soulignent aussi que ce hobby ne leur coûte pas cher et le préfèrent, disent certains parmi eux, à perdre du temps dans des cafés ou des salles de jeux.

 Cherche partenaire désespérément

 Nous nous sommes prêtés au jeu et avons passé de longues heures à chatter. Preuve que l’on peut raconter n’importer quoi sur le Net, nous nous sommes passés pour des filles, des ados, des New-yorkais, des Ukrainiens, de richissimes  Moyen-orientaux… Résultats des courses: nous avons appâtés bien des dupes.   Globalement, certains parmi ceux que nous avons contacté déclarent aimer voguer au gré des clics sur la toile mondiale sans se fixer d’objectifs précis. Au hasard du chat ces derniers disent rencontrer parfois de bons amis (es), des personnes sympathiques avec qui ils prétendent échanger des propos sais et instructifs… D’autres, plus romantiques disent avoir une préférence pour des princes charmants et des princesse du cœur, voire pour les relation coquines les plus débridées… D’autres encore, et ce sont les plus nombreux, investissent le monde virtuel avec bien d’idées de derrière la tête. Et à chaque fois que nous avons établi un contact, nous étions surpris du degré de libertinage qu’ont atteint nos concitoyens et concitoyennes sur le Net. Par ailleurs, les plus sincères (homme et femmes) de nos contacts avancent chercher sérieusement à se marier. De fil en aiguille, à travers différents sites spécialisés dans les rencontres, nous avons découvert que de nombreux internautes n’hésitent pas à publier un bref aperçu sur leur personne en prenant le soin d’y joindre leur plus belle photo (certains et certaines posent parfois même nus ou à moitié nus) pour avoir, semble-t-il, davantage de succès. La plupart de ces annonceurs précisent clairement qu’ils préfèrent convoler en justes noces avec un conjoint «occidental». Visiblement, ces prétendants se ruent sur les sites des rencontres avec l’espoir de s’offrir les fameux papiers donnant le droit d’accéder à «l’Eldorado européen». Bien sûr, il ne faudrait pas trop se creuser les méninges pour trouver des explications ce «hrigue» virtuel qui est engendré par les mêmes causes que le «hrigue» tout court (pauvreté, manque de perspectives, frustration…». Aussi, est-il clair que la régression du nombre de mariage des personnes nubiles, la progression du nombre des divorces et l’individualisme galopant justifient cette ruée vers le monde virtuel. Bien entendu différents sites de rencontres et de chat ne reprennent à leur compte que les histoires les plus heureuses où il est question de mariage entre une fille du Sud avec un bien beau européen, américain ou canadien; mais des histoires malheureuses qui sont également légion sont délibérément  occultées. Pis, en culpabilisant, les victimes elles-mêmes osent rarement leurs histoires et ravalent leurs souffrances en s'abstenant d'intenter des procès à leurs bourreaux.

 Enquête

 Une enquête sérieuse sur les attitudes des internautes marocains sur la toile mondiale et leurs préférences doit être diligentée maintenant que le nombre de connexions à Internet ne cesse de progresser au Maroc. C’est sur la base de cette étude que des actions pédagogiques ciblées peuvent être opérées pour aider les internautes à mieux tirer profit de la toile mondiale. Mais, les constats effectués dans d’autres pays peuvent donner une idée sur certaines habitudes de consommation virtuelle qui tendent à se globaliser. Selon une enquête publiée par différents sites web, les Espagnols, par exemple, profitent le plus du Net pour faire connaissance. En effet, pas moins de 2,3 personnes, en moyenne, parmi nos voisins ibériques qui se sont d’abord connus sur le Web avant de se rencontrer ensuite, pour de vrai.  Cette moyenne est de (2,2) à Macao, alors qu’elle n’est que de 0,8 pour les Américains. De façon globale, les internautes masculins effectuent en moyenne deux fois plus de rencontres grâce à Internet. Mais le réseau permet aussi bien sûr de faire connaissance avec des personnes que l'on ne rencontrera jamais. Dans cette catégorie, ce sont les Chinois qui sont en tête, avec 7,7 «cyber-amis» jamais rencontrés, devant les Hongrois (3,3) et les Américains (2,6). Cette étude montre ainsi que, contrairement à ce que l'on aurait pu penser, les internautes se lient apparemment d'amitié avec peu de personnes via le réseau. Reste que si les internautes masculins sont plus actifs sur le Web, c'est parce qu'ils sont plus nombreux que les femmes à y avoir accès. La situation est particulièrement déséquilibrée en Italie, où 41,7% des hommes accèdent au réseau, contre seulement 21,5% des femmes. Ailleurs, la différence est nettement moins marquée, mais toujours présente.

 Déviances

 Plusieurs expériences illustrent des mésaventures ayant sanctionnées des rencontres effectuées par des Marocaines via l'Internet. Certaines sources évoquent même l’existence de recrutement de prostituées par ce biais en piégeant les candidates aux rencontres prétendues sérieuses. L’histoire de jeunes hommes qui se font déplumer par des prostituées professionnelles ayant investi le réseau des réseaux est ébruitée dans des cybers. Au demeurant, à travers de nombreux sites de rencontres, nous avons fait des recherches sur tous ces profils concernant les candidats marocains et nous avons été surpris de trouver  qu’il y avaient plusieurs postulants (avec leurs photos à l’appui) aux rencontres chaudes tandis que sous la rubrique relations sérieuses il n’y avait que peu de candidats.  

Publié dans Articles Divers

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