Rôle et place des médias en Afrique et dans le monde arabe

Publié le par Mohamed Zainabi

Quel rôle et quelle place ont les médias dans la société de l'information en Afrique et  dans les pays arabes? C'est à cette question centrale qu'ont tenté de répondre les participants à la Conférence Internationale de suivi du Sommet mondial sur la Société de l'information (SMSI) qui a été tenue du 22 au 24 novembre à Marrakech. Le débat fut houleux. Le principal résultat obtenu est cette déclaration :

Déclaration de Marrakech

 Le moment est venu d'aller au-delà de l'énoncé de l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et d'assurer sa mise en œuvre effective universelle.

-         Chacun, où qu'il soit, doit pouvoir participer à la Société de l'information et en bénéficier. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication, ainsi que des médias, doivent constituer un levier important pour permettre un accès équitable au développement durable.

-         La liberté d'expression et la liberté de la presse sont au cœur de la construction de la société de l'information en Afrique, dans la région arabe et partout dans le monde.

-         Internet et les autres formes de nouveaux médias doivent bénéficier de la même protection, en matière de  liberté d'expression, que les médias traditionnels.

-         Le débat international sur la «gouvernance d'Internet» doit permettre une meilleure concertation sur la gestion d'Internet et ne doit pas servir de prétexte pour réglementer de manière abusive les contenus d'Internet. En particulier, les considérations de sécurité et les exigences de la lutte contre la criminalité ne doivent pas mettre en péril la liberté d'expression et la liberté de la presse. Les fournisseurs de services Internet ne doivent pas être tenus responsables pour le contenu des messages qu'ils véhiculent.

-         Des représentants des médias doivent être associés sur un plan d'égalité à tout système de gouvernance d'Internet à venir.

-         Les législations nationales doivent garantir l'interdépendance et la pluralité des médias.

-         La fonction des médias dans la production, la récolte, le recoupement de la distribution des informations et des contenus est vitale, y compris au niveau des communautés locales. Les cadres juridiques doivent favoriser le développement des médias communautaires. A cette fin, ils doivent être non discriminatoires et permettre une répartition équitable des fréquences à travers des mécanismes transparents.

-         Les médias audiovisuels sous contrôle étatique doivent être transformés en radios et télévisions de service public jouissant de l'indépendance éditoriale et accordant aux journalistes un statut d'autonomie professionnelle.

-         La société de l'information doit faciliter la participation des femmes et leur permettre l'utilisation pleine et égale des technologies de l'information et de la communication.

-         La diversité culturelle doit non seulement être préservée, mais elle doit être encouragée. Une attention particulière doit être accordée à la situation des populations autochtones pour la sauvegarde de leur héritage linguistique et culturel.

-         Les organismes publics et privés, tels que les agences d'aide bilatérale et multilatérale, ainsi que les fondations, doivent mettre l'accent sur la liberté d'expression et la liberté de la presse lorsqu'elles financent des programmes et projets visant à réduire la fracture numérique.

-         Tous les journalistes doivent bénéficier de leurs droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, conformément aux Conventions de l'OIT.

-         Une approche professionnelle des pratiques journalistiques constitue le moyen le plus efficace de promouvoir la liberté de presse et l'éthique, et de prévenir les restrictions gouvernementales et les pressions des groupes d'intérêt. L'établissement des normes éthiques et déontologiques relève de la responsabilité des seuls professionnels des médias.

-    Les litiges concernant les médias et/ou les professionnels des médias dans l'exercice de leurs fonctions doivent être résolus dans le cadre d'une justice indépendante. Ces litiges, y compris ceux relatifs à la diffamation, doivent être portés devant des juridictions civiles et no pénales ou militaires.

Publié dans Vidéos

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babelmandeb 07/07/2005 08:11

Juste un commentaire pour t'indiquer l'existence d'un blog sur l'Afrique et le monde arabe..

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