Pomme de discorde

Publié le par Mohamed Zainabi

Au quelques jours de la fin du ramadan, un passant rencontre un vendeur de pommes. Les deux hommes engagent une conversation qui les a amenés à parler de tout, sauf de pommes.

- Le passant : C'est combien ?

- Le vendeur : On ne dit pas «salamoualaikoum ourahmatou Allah oua barakatouh?

- Bon salam. Alors, c'est combien ?

- Ça ne semble pas sortir du cœur ton salam. Tu parais vraiment «mramden» (aigri par le jeûne)?

- Ça ne te regarde pas, c'est combien ?

- «Aàoudou billah mina chaitani arrajim!» (J'en appelle à Dieu contre le maudit Satan)

- Allez y, c'est maintenant à la mode, dès qu'on se laisse pousser une barbichette, on s'improvise imam. Pour ta gouverne, Satan dont tu parles est aussi barbu.

- Tu sembles si bien le connaître, il et de ta famille?

- Si j'avais affaire à lui, je suis sûr qu'il serait moins «chouitine» (malin) que toi. D'ailleurs, si n'est pas Satan toi-même, tu dois afficher le prix au lieu de le fixer à la tête du client.

- «Aàoudou billah lina chaitani arrajim!», tu dois plutôt savoir bien fixer ta langue dans ta bouche avant de dire n'importe quoi. De ma vie, je n'ai jamais rencontré un aussi «kafer» (mécréant) que toi.

- Et voilà que notre imam commence à se prendre pour un dieu. Tu vas m'expédier en enfer maintenant ?

- «Aàoudou billah lina chaitani arrajim!», fiche-moi la paie ou je vais…

- De dieu, tu changes maintenant en boxeur, ça change vite chez toi monsieur Bin Ladine. De nous deux, tu es le plus mramden «ya boulhia» (barbu!)

- Et tu oses insulter Ben Laden ?

- Ah, parce que tu l'adores, toi ? Moi je préfère, Ben-t El Houcine (une vieille chanteuse populaire marocaine).

- «Aàoudou billah lina chaitani arrajim!», fiche moi la paie !

Un deuxième passant intervient : «naàlou chitane!» (Maudissez Satan, pour leur dire d'arrêter de s'engueuler)

Le vendeur lui lance : «de quoi je me mêle ?»

Le passant interpellé rétorque : «Aàoudou billah lina chaitani arrajim!»…

Une autre longue guerre verbale éclate entre les deux hommes. Le deuxième passant était plus moralisateur, sa barbe était plus longue que son adversaire. Le premier client devient spectateur. Il n'était pas le seul à l'être, j'étais à côté de lui.

 

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Publié dans Articles Divers

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