Quelque 500 000 personnes exercent la mendicité au Maroc d'une façon permanente ou occasionnelle selon une enquête sur la mendicité des enfants âgés de moins de 12 ans au cours de l'année 2004 dans la wilaya de Rabat-Salé-Skhirat-Témara, rendue publique vendredi à Rabat.
Cette étude, réalisée par la Ligue marocaine pour la protection de l'Enfance en collaboration avec l'Entraide nationale et l'appui du ministère marocain de la Santé, relève que le gouvernement dépense annuellement 37,6 millions de dirhams dans la lutte contre la mendicité et l'exclusion sociale.
La propagation de la pauvreté dans une grande majorité de la population est le principal facteur qui pousse cette catégorie à exercer la "profession" de mendiant , rapporte le document soulignant que cette population bénéficie d'une aide financière qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie internationale de lutte contre la pauvreté.
L'étude a été réalisée auprès de trois échantillons d'enfants. Le premier a été focalisé sur les enfants âgés de moins de 7 ans accompagnés par une personne de plus de 18 ans (273), le second échantillon a porté sur 230 enfants âgés de 8 à 12 ans et la troisième catégorie a concerné 289 personnes non-mendiants.
Selon les résultats de l'enquête, les personnes accompagnant les enfants âgés de moins de 7 ans sont pour la majorité des femmes, dont la plupart est non célibataire et n'a aucun niveau d'instruction et seul 6% ont le niveau secondaire ou plus.
Le tiers des enfants souffrent d'une maladie chronique à savoir le diabète, l'hypertension, l'allergie/asthme, la tuberculose, l'anémie, le rhumatisme et l'ulcère, note l'enquête.
Plus de la moitié (56%) des enfants est constituée de garçons contre 44% des filles, indique le document, ajoutant que dans la majorité des cas , il existe une relation familiale entre l'enfant et l'accompagnant. Cependant, quelque 15% des enquêtés ont déclaré avoir "loué" un enfant pour exercer leur activité. Le montant du loyer est en moyenne de l'ordre de 50 à 100 DH par semaine.
Concernant le sentiment de la catégorie des non-mendiants envers les mendiants, 81,3% des enquêtés ont affirmé avoir de l'affection, 10,4% du dégoût, alors que 4,5% éprouvent de la haine.
Les principales raisons pour lesquelles la population donne l'aumône sont l'obligation 46%, l'affection 38%, facultatif 12% et autres raisons 4%.
La pauvreté arrive en tête des facteurs qui poussent à la mendicité suivie des problèmes sociaux causés en premier lieu par le mari (divorce, abandon, prison ), et ceux dues à la maladie, au décès, à la maltraitance et au harcèlement sexuel et aussi aux facteurs cultuels tels que l'habitude de mendier ou d'avoir une famille mendiante.